Symposium

22 et 23 février | 9 h à 16 h

Symposium international –
Autour des wampums : histoires et perspectives

Gratuit | Au Musée [complet] + en ligne | Réservation obligatoire

Profitant de l’intérêt sans précédent suscité par l’exposition Wampum : perles de diplomatie, le Musée organise un symposium consacré à ces objets culturels, qui réunira une douzaine de spécialistes autochtones, québécois·e·s, canadien·ne·s et de l’international.

Ces expert·e·s issu·e·s de divers champs de recherche et d’intervention, échangeront sur les pratiques sociales, politiques et religieuses qui entourent les wampums lors de six sessions thématiques, réparties sur deux jours, à travers le prisme de leurs perspectives multidisciplinaires. 

↓ Faites défiler la page pour découvrir le programme du Jour 1 et du Jour 2, ainsi que les descriptions des conférences.

Informations pratiques 

  • Série de conférences gratuites présentée jeudi 22 et vendredi 23 février 2024, de 9 h à 16 h.
  • Événement gratuit, présenté en français et en anglais, avec traduction simultanée.
  • L’événement est complet en salle, inscrivez-vous dès maintenant pour assister en ligne.
    S’inscrire pour assister en ligne 

Programme

Jour 1

9 h Mot d’ouverture
9 h 15 à 10 h 30 Panel 1 – Donner vie aux wampums : du savoir autochtone aux musées et vice-versa | Modération par Laura Peers, Oxford University, Angleterre; Trent University, Canada

« Le parcours des wampums en France : une histoire tournée vers l’avenir », Paz Núñez-Regueiro et Leandro Varison, Musée du quai Branly – Jacques-Chirac, France

« La littéracie du wampum : comprendre son discours », Richard Hill Sr., Mohawk College, Canada

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10 h 30 à 11 h Pause
11 h à 12 h 15 Panel 2 – La matérialité des wampums | Modération par  Jonathan Lainey, Musée McCord Stewart, Canada

« La matérialité du sens », Michael Galban, Seneca Art & Culture Center, Ganondagan State Historic Site, États-Unis

« Un ornement qui inspire noblesse et fierté : le port de wampum chez les peuples autochtones d’Amérique », Nikolaus Stolle, Goethe-Universität, Frankfurt-am-Main, Allemagne

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12 h 15 à 13 h 30 Pause lunch
13 h 30 à 14 h 45 Panel 3 – Perspectives sur les wampums transatlantiques | Modération par Jean-François Lozier, Musée canadien de l’histoire, Canada

« Les wampums chrétiens transatlantiques : une diplomatie multifacette », Lise Puyo, Université Paris Nanterre, France ; University of Exeter, Royaume-Uni

« Une perspective mi’kmaq sur le collier de wampum du Vatican ( 1610-1831 ) », Stephen Augustine, Unama’ki College, Cape Breton University, Canada

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14 h 45  à 15 h Pause
15 h à 16 h Allocution par Kanahsohon Kevin Deer, Kahnawà:ke, Canada
16 h Cocktail et accès aux expositions

 

Jour 2

9 h à 10 h 15 Panel 1 – Les wampums à l’ère des révolutions atlantiques | Modération par Catherine Desbarats, Université McGill, Canada

« Usages créatifs des wampums et diplomatie anglo-haudenosaunee : trois exemples issus du 18e siècle », Elizabeth Elbourne, Université McGill, Canada

« Le wampum d’alliance de Washington : interprétations historiques et contemporaines d’un collier haudenosaunee », Darren Bonaparte, Saint Regis Mohawk Tribal Historical Preservation Officer, Awkwesasne, Canada

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10 h 15 à 10 h 45 Pause
10 h 45 à 12 h Panel 2 – Miigis Apikan (Le message est le fardeau) : Les wampums en contexte anishinaabe | Modération par Aaron Mills, Université McGill, Canada

« L’esprit de mes mots : savoirs anishinaabe et wampums », Alan Corbiere, York University, Canada

« Colliers, cordons, wampums de papier et droit : l’usage de wampums lors de conseils entre les peuples anishinaabe et la Couronne », Heidi Bohaker, University of Toronto, Canada

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12 h à 13 h 15 Pause lunch
13 h 15 à 14 h 30 Panel 3 – Wampums et état colonial | Modération par Yann Allard-Tremblay, Université McGill, Canada

« Perspective d’un État conquérant : les archives françaises en opposition au collier de wampum au sein du nouveau régime britannique », Riley Wallace, Université McGill, Canada

« Les wampums devant les tribunaux canadiens », Jacynthe Ledoux, avocate, Cain Lamarre, Canada

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14 h 30 à 15 h Pause
15 h à 16 h Allocution par Verna McGregor, Kitigan Zibi Anishinabeg, Canada
16 h Mot de clôture

Complet en salle 

Assister en ligne 

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  • Après l’événement, vous recevrez un enregistrement des conférences pour les visionner en différé si vous le souhaitez.

Inscription sur Zoom

Cet événement est rendu possible grâce au généreux soutien de Power Corporation du Canada. 

Donner vie aux wampums : du savoir autochtone aux musées et vice-versa

Le parcours des wampums en France : une histoire tournée vers l’avenir 

Paz Núñez-Regueiro et Leandro Varison, Musée du quai Branly – Jacques-Chirac, France

Plusieurs wampums originaires d’Amérique du Nord sont aujourd’hui conservés à Paris, Chartres, Lille et Besançon. Ils représentaient à l’origine des relations tissées entre les Premières nations et les Français. Traversant des périodes troublées de l’histoire nationale, et sous le poids grandissant du colonialisme, ces wampums se sont cependant tus, et la plupart des histoires qu’ils incarnent se sont perdues. Cette présentation restituera l’expérience d’un projet de recherche qui vise à recréer la trajectoire de ces wampums, en partenariat avec des membres des Premières Nations. Il s’agit d’une démarche où la production de connaissances implique également la production de nouvelles relations, perpétuant le rôle du wampum comme créateur de liens.

La littéracie du wampum : comprendre son discours

Richard Hill Sr., Mohawk College, Canada

Cette séance s’intéressera à la fonction du wampum du point de vue haudenosaunee, en tant qu’objet véhiculant d’importants messages. Les origines de son usage et les conventions qui le régissent seront d’abord brièvement abordées, pour ensuite explorer la manière dont le wampum était utilisé, et continue d’être utilisé, pour l’établissement de traités. Les métaphores et les symboles visuels sur lesquels s’appuient les interprètes pour raconter les messages que recèlent les colliers seront également examinés, pour enfin aborder la manière dont le peuple haudenosaunee pourrait « déchiffrer » les messages des wampums présentés dans l’exposition Wampum : perles de diplomatie.

La matérialité des wampums

La matérialité du sens

Michael Galban, Seneca Art & Culture Center, Ganondagan State Historic Site, États-Unis

Cette séance se concentrera sur l’étude des différentes méthodes employées pour la confection de wampums. Une courte chronologie de la fabrication des perles de wampum sera aussi présentée. L’exploration des techniques utilisées par les peuples autochtones donnera également lieu à une discussion sur la terminologie associée au wampum. Certains wampums importants ainsi que les particularités de leur conception seront également abordés.

Un ornement qui inspire noblesse et fierté : le port de wampum chez les peuples autochtones d’Amérique

Nikolaus Stolle, Goethe-Universität, Frankfurt-am-Main, Allemagne

Le wampum, soit des perles de coquillage cylindriques blanches et pourpres, était utilisé par les peuples autochtones d’Amérique, qui le tissaient pour l’assembler en cordons ou colliers à des fins diplomatiques. Outre sa fonction documentaire, le wampum servait également d’ornement, permettant d’afficher publiquement le statut social de la personne qui le portait, ou encore d’agir comme une parure. L’exposé se concentrera sur les objets personnels décorés de wampum, qui ont jusqu’à présent fait l’objet de peu d’études. Une analyse du matériau sera d’abord offerte pour expliquer l’usage des coquillages, puis des perles de verre comme ornements entre les 17e et 19e siècles. Cette mise en contexte permettra ensuite d’aborder leurs diversité et distribution régionale parmi les peuples autochtones d’Amérique. 

Perspectives sur les wampums transatlantiques

Les wampums chrétiens transatlantiques : une diplomatie multifacette 

Lise Puyo, Université Paris Nanterre, France ; University of Exeter, Royaume-Uni

Entre 1654 et 1831, une dizaine de colliers de wampum ont été offerts à des sanctuaires catholiques en Europe. Voyageant sans diplomate autochtone, mais accompagnés de lettres bilingues transcrivant le discours d’un conseil de village, ces wampums ne sont pas de simples objets de dévotion à la Vierge Marie et à différents saints catholiques. Leurs matériaux, leurs processus de fabrication et les paroles qu’ils incarnent témoignent de stratégies diplomatiques innovantes, dans un contexte où l’Église catholique est un interlocuteur important dans le processus colonial français puis anglais au Canada. Les perles de coquillage agencées pour écrire des phrases latines, étudiées en relation avec les mots prononcés rituellement pour donner aux wampums leur mission, dessinent un christianisme autochtone où se mêlent parenté, religion et politique.  

Ces objets diplomatiques ont une visée transatlantique mais aussi locale, et donnent des indications précieuses sur les territoires et les alliances autochtones de la vallée du Saint Laurent. Seuls quatre existent encore aujourd’hui, et certains ont poursuivi leur carrière diplomatique au-delà de leur premier échange. Parfois dévoyés ou ravivés, ces wampums toujours actifs ont pu créer de nouvelles alliances ou raviver d’anciennes relations. 

Une perspective mi’kmaq sur le collier de wampum du Vatican ( 1610-1831 )

Stephen Augustine, Unama’ki College, Cape Breton University, Canada

Cet exposé portera sur le collier de wampum du Vatican qui fut présenté au pape Grégoire XVI à Rome en 1831 par la mission des Sulpiciens d’Oka (lac des Deux Montagnes), au Québec. Le conférencier s’appuiera sur le témoignage oral de sa grand-mère Agnes Augustine, née Thomas le 14 juin 1898 et décédée le 6 décembre 1998, à l’âge de 101 ans, pour offrir une lecture mi’kmaq de l’évènement.

Selon l’interprétation d’Agnes, qui est uniquement fondée sur une photographie du collier prise par l’anthropologue américain David Bushnell au début du 20esiècle, le wampum pourrait se rapporter au baptême du grand Chef Membertou, à Port-Royal, en Nouvelle-Écosse, le 24 juin 1610. M. Augustine a présenté ladite photographie à sa grand-mère en lui demandant si elle reconnaissait le collier, qu’elle n’avait jamais vu en vrai. Agnes a entamé son témoignage en évoquant le récit mi’kmaq de la création, une histoire orale traditionnelle transmise de génération en génération par les chefs Alguimou, qui ont été baptisés en 1747 par un prêtre catholique, qui leur a donné le nom de famille Augustine. M. Augustine est donc un descendant de cette lignée de chefs mi’kmaq, et c’est pour cette raison qu’il porte le titre de chef héréditaire.

Les wampums à l’ère des révolutions atlantiques

Usages créatifs des wampums et diplomatie anglo-haudenosaunee : trois exemples issus du 18e siècle

Elizabeth Elbourne, Université McGill, Canada

De manière générale, cette étude abordera les usages créatifs des wampums (y compris le refus de les reconnaître) dans les interactions anglo-haudenosaunee en Amérique coloniale à la fin du 18e siècle. Trois exemples liés à la lutte pour le territoire, les négociations avec la Société pour la propagation de l’évangile ainsi que le conflit de la Révolution américaine seront analysés. L’étude démontrera que les interlocuteurs colonialistes ont également tenté d’utiliser les wampums dans leurs relations avec le peuple haudenosaunee, quoique de manière limitée, et que les gestes entourant l’usage des wampums, ou encore leur déformation délibérée, formaient un langage d’échange à la fois restreint et précaire. 

Le wampum d’alliance de Washington : interprétations historiques et contemporaines d’un collier haudenosaunee

Darren Bonaparte, Saint Regis Mohawk Tribal Historical Preservation Officer, Awkwesasne, Canada

En 2020, l’anthropologue William A. Starna a invité Darren Bonaparte et Randy A. John à corédiger avec lui un article sur le collier de wampum légendaire détenu par la Confédération haudenosaunee. Le wampum d’alliance de Washington est l’un des objets qui ont été rapatriés du Musée d’État de New York. L’un des objectifs de la recherche était de déterminer le moment auquel le collier a été offert à la Confédération par le premier président des États-Unis. L’exposé permettra ainsi d’aborder les interprétations historiques et contemporaines de ce wampum de même que les conclusions dégagées par l’équipe de recherche. 

Miigis Apikan (Le message est le fardeau) : Les wampums en contexte anishinaabe

L’esprit de mes mots : savoirs anishinaabe et wampums

Alan Corbiere, York University, Canada

En s’appuyant sur des procès-verbaux de réunions de conseil rédigés en anglais, des pétitions rédigées en anishinaabemowin, des objets de collections muséales et des études ethnographiques, cette séance explorera la relation entre le langage métaphorique diplomatique ainsi que le symbolisme visuel et la matérialité des cordons et colliers de wampum. Bien que les wampums aient été utilisés sur un vaste territoire et par de nombreuses nations, l’exposé adoptera une perspective anishinaabe pour témoigner de leur contexte d’utilisation à des fins diplomatiques. Cet exposé s’inscrit dans un projet de recherche qui s’intéresse à la création de sens et à l’élaboration des connaissances communes parmi les membres des nations des Grands Lacs et des environs.

Colliers, cordons, wampums de papier et droit : l’usage de wampums lors de conseils entre les peuples anishinaabe et la Couronne

Heidi Bohaker, University of Toronto, Canada

Entre la guerre de Sept Ans et 1815, soit la fin de la guerre de 1812, des chefs du conseil des feux anishinaabe rencontrent régulièrement des représentants de la Couronne britannique lors de conseils officiels. Ils y échangent une grande quantité de colliers et de cordons de wampum pour régler des différends et renouveler leurs alliances. Ces dons sont répertoriés dans les procès-verbaux découlant de certains accords d’acquisition de terres conclus entre les peuples anishinaabe et la Couronne avant la Confédération, et figurent dans des pétitions plus récentes nommées « wampums de papier ». L’exposé se penchera sur des exemples de différents usages des wampums lors de la tenue de conseils entre les peuples anishinaabe et la Couronne, et sur la signification de ces objets. L’intention formelle des donateurs des wampums, de même que les attentes à l’égard des donataires et leurs obligations, seront étudiées pour mieux comprendre l’usage spécifique des wampums lors de négociations de traités avec la Couronne.

Wampums et état colonial

Perspective d’un État conquérant : les archives françaises en opposition au collier de wampum au sein du nouveau régime britannique

Riley Wallace, Université McGill, Canada

Au lendemain de la Conquête de la Nouvelle-France dans les années 1780, les autorités britanniques sont confrontées aux revendications territoriales des peuples autochtones et canadiens qui, dans le cas des Sulpiciens et de la population de Kanehsatà:ke, reposent sur différents types de documents. Comme l’a démontré Jonathan Lainey, le gouvernement colonial a reconnu l’usage des documents d’archives par les missionnaires sulpiciens pour attribuer la propriété de la seigneurie du Lac-des-Deux-Montagnes, et ce, au détriment de celui d’un collier de wampum de Kanehsatà:ke. Le cas du wampum aux deux chiens révèle le peu de crédibilité juridique qu’accordait le gouvernement britannique aux wampums après la Conquête, une décision qui a pendant longtemps fait jurisprudence dans les tribunaux canadiens. En s’appuyant en partie sur la création et l’usage de ce que l’on pourrait qualifier d’« anciennes archives françaises », cet exposé s’inspire du cas du wampum aux deux chiens pour expliquer la préséance qu’avaient les archives sur les wampums au sein du nouvel État colonial britannique.

 

Les wampums devant les tribunaux canadiens 

Jacynthe Ledoux, avocate, Cain Lamarre, Canada

Les wampums sont invoqués par plusieurs peuples autochtones comme porteurs de principes juridiques d’ordre constitutionnel. Depuis le début des années 1980, différents wampums sont présentés par des parties autochtones en appui à des allégations de droit ou de fait dans plus d’une trentaine de causes décidées par les tribunaux canadiens. L’analyse de ces décisions permet de brosser un portrait de la qualité des interactions entre les ordres juridiques autochtones et étatique afin de nourrir une réflexion plus fondamentale sur les limites de la politique de reconnaissance dans le contexte du multijuridisme canadien. 

Aîné·e·s

Kanahsohon Kevin Deer

Allocution par Kanahsohon Kevin Deer, Kahnawà:ke, Canada le jeudi 22 février

Kanahsohon Kevin Deer est originaire du territoire mohawk de Kahnawá:ke. Depuis 30 ans, il œuvre à la préservation et à la revitalisation de la langue mohawk. Il est également gardien de la foi à la maison longue Mohawk Trail, un rôle qui implique la connaissance des chansons, danses et rituels sacrés. Il se passionne pour la transmission des visions du monde, de l’histoire et de la philosophie iroquoiennes. Il s’est impliqué auprès du service de police des gardiens de la paix de Kahnawá:ke de 2005 à 2015.

En 1990, il a assisté à la crise d’Oka et a eu recours au pouvoir de la paix pour tenter de régler le conflit. Il a participé en mai 1990 à une cérémonie pour le retour du prophète Pacificateur à Tyendinaga, en Ontario. En 1994, il a assisté à la fondation de la nouvelle communauté mohawk à Kana’tsioharé:ke, dans l’État de New York. En 2003, il a siégé au comité organisateur de la traversée historique de chevaux depuis la Colombie-Britannique jusqu’à Six Nations, en Ontario, pour effacer les larmes des sept générations et guérir la Terre. En septembre 2015, il s’est activement impliqué dans la conférence de Bretton Woods IV, en pratiquant une cérémonie pour permettre au public réuni de mieux percevoir, comprendre et parler des enjeux financiers du point de vue des personnes autochtones et des Premières Nations. En février 2016, il s’est rendu à New York pour présenter une conférence sur la spiritualité autochtone dans le cadre de la Semaine mondiale de l’harmonie interconfessionnelle des Nations Unies. En août de la même année, il a pratiqué une cérémonie d’accueil et de guérison au Forum mondial sur la théologie et la libération, à Montréal. En novembre 2016, il s’est rendu sur la réserve de Standing Rock, aux États-Unis, pour y rencontrer des chefs spirituels ainsi que des Aînées et Aînés. 

Verna McGregor

Allocution par Verna McGregor, Kitigan Zibi Anishinabeg, Canada le vendredi 23 février

Verna McGregor est Algonquine Omamawinini (peuple algonquin du Nord-Est, qui comprend le bassin versant de la rivière des Outaouais). Elle habite le territoire de la Première Nation Kitigan Zibi Anishinaabe avec son fils et son petit-fils. Elle a collaboré avec des Aînées et Aînés pendant des années pour organiser des rassemblements traditionnels, comme des symposiums sur les langues. Elle est une membre de la famille de l’ancien gardien des colliers de wampum originaux de la communauté, l’Aîné William Commanda. Sa mère a côtoyé l’ancienne gardienne des colliers de wampum ayant précédé William Commanda, l’Aînée Theresa Meness. Au cours de sa vie, cette dernière a fermement revendiqué le wampum du Traité de Londres (Jay Treaty) en assistant aux célébrations annuelles de la traversée de la frontière.

Durant les dernières années, Mme McGregor, son fils Sheldon McGregor et son frère Fred McGregor ont collaboré aux travaux de recherche de la professeure Margaret Bruchac et de la doctorante Lise Puyo de l’Université de Pennsylvanie sur le wampum du lac des Deux Montagnes, qui se trouve actuellement au Musée du Vatican. En 2016, dans le cadre d’un protocole, des Aînées et Aînés de la communauté ont demandé à Mme McGregor et à son fils d’organiser une cérémonie pour divers objets sacrés ayant été rapatriés par d’autres Premières Nations sur les territoires ancestraux afin qu’ils soient exposés au Musée des beaux-arts du Canada. Les objets sacrés ont été présentés dans le cadre d’une exposition d’art autochtone réalisée pour le 150e anniversaire de la confédération du Canada (1867-2017).

Biographies des modératrices et modérateurs

Laura Peers

Laura Peers a facilité les dialogues entre des communautés autochtones de l’Amérique du Nord et des musées au Royaume-Uni, en Europe ainsi qu’en Amérique du Nord. À titre d’historienne, d’anthropologue des musées et de conservatrice, elle a axé ses recherches et sa pratique sur les objets historiques autochtones, en s’intéressant aux récits détaillés qui accompagnent les objets de collections muséales et à la signification quils revêtent aujourd’hui pour les peuples autochtones.

Mme Peers a dirigé des projets internationaux de nature complexe visant à tisser des liens entre le milieu muséal et des communautés autochtones, y compris le projet Great Box, en collaboration avec la Nation Haïda, le projet Blackfoot Shirts, avec les quatre Nations Blackfoot et, plus récemment, le projet Honorer et respecter, en collaboration avec les six Nations Mississauga. Elle a également étudié les wampums historiques contenus dans des collections au Royaume-Uni. Elle est conservatrice émérite au Pitt Rivers Museum, professeure émérite au Museum Anthropology de l’Université d’Oxford et professeure associée à la Faculté d’études supérieures, à l’École d’études sur le Canada et au Département d’anthropologie de l’Université Trent.

Jonathan Lainey

Jonathan Lainey s’est joint à l’équipe du Musée McCord Stewart en 2020 en tant que Conservateur, Cultures autochtones. Il a fait des études en anthropologie et en études autochtones et il détient une maîtrise en histoire de l’Université Laval. Ses champs d’intérêt touchent à l’histoire sociale, politique et culturelle des Autochtones au Québec et au Canada, de même qu’à l’histoire des objets et des collections à travers le temps, plus particulièrement aux colliers de wampum. Il a occupé les fonctions de conservateur, Premiers Peuples – Histoire, au Musée canadien de l’histoire à Gatineau, ainsi que celles d’archiviste, Archives autochtones, à Bibliothèque et Archives Canada. 

Il a publié deux ouvrages, collaboré à l’élaboration d’expositions et rédigé de nombreux articles, publications et rapports de recherche.

Jean-François Lozier

Jean-François Lozier est conservateur responsable de l’histoire de l’Amérique française au Musée canadien de l’histoire depuis 2011. Il détient un doctorat de l’Université de Toronto (2012) et une maîtrise de l’Université d’Ottawa (2004). Entre 2016 et 2020, il a occupé le poste de professeur adjoint au département d’histoire de l’Université d’Ottawa. Il est l’auteur de nombreux articles et de Flesh Reborn: The Saint Lawrence Valley Mission Settlements through the Seventeenth Century (McGill-Queen’s University Press, 2018).

Catherine Desbarats

Professeure agrégée, directrice du Département d’histoire de l’Université McGill. Spécialiste de la Nouvelle-France, elle enseigne depuis longtemps le cours Les Autochtones et l’empire français de l’époque moderne. Alors qu’elle était directrice du programme d’études sur le Québec de McGill, elle enseignait un cours interdisciplinaire sur l’expérience autochtone au Québec qui a inspiré le colloque, et par la suite le volume : Les Autochtones et le Québec. Des premiers contacts au Plan Nord, dirigé par Alain Beaulieu, Stéphan Gervais et Martin Papillon, et publié à Montréal, aux Presses de l’Université de Montréal, 2013. 

Aaron Mills

Aaron Mills (J.D., Université de Toronto; LL.M., Université Yale; Ph. D., Université de Victoria) est Anishinaabe de la Première Nation de Couchiching du Traité no3. Durant la plupart des 15dernières années, il s’est familiarisé avec la loi anishinaabe auprès de la communauté, sur le territoire et par le biais de récits. Éclairé par les enseignements d’un cercle d’Aînées et d’Aînés, M.Mills s’emploie à théoriser la loi autochtone en ses propres termes. Il est régulièrement invité à collaborer avec des communautés autochtones pour appuyer les efforts de revitalisation de leurs systèmes de loi. M.Mills est professeur adjoint à la Faculté de droit de l’Université McGill depuis 2018 et est titulaire de la Chaire de recherche du Canada en constitutionnalisme et philosophie autochtones. 

Yann Allard-Tremblay

Yann Allard-Tremblay est professeur adjoint au département de Sciences politiques de l’Université McGill. Il est membre du Collège de nouveaux chercheurs et créateurs en art et en science de la Société Royale du Canada. Il est titulaire d’un doctorat en philosophie des universités de St Andrews et de Stirling. Ses recherches actuelles en théorie politique se concentrent sur la décolonisation et l’autochtonisation de la théorie politique. Ses recherches ont récemment été publiées dans la Revue canadienne de science politique, Constellations et Political Studies. Il est membre de la nation huronne-wendat.

Biographies des panélistes

Paz Núñez-Regueiro

Conservatrice en chef du patrimoine, Paz Núñez-Regueiro est responsable de l’Unité patrimoniale des collections Amériques au musée du quai Branly – Jacques Chirac. Avec une formation en histoire de l’art, archéologie et muséologie, elle a obtenu en 2018 un doctorat en histoire de l’art à l’Université Paris I Panthéon-Sorbonne. Sa thèse, publiée sous le titre Promesses de Patagonie. L’exploration française en Amérique australe et la patrimonialisation du « bout du monde » (Presses universitaires de Rennes, 2022), a été récompensée du Prix Delavignette de l’Académie des Sciences d’Outremer.

Elle a mené divers projets de recherche sur différents aspects des sociétés préhispaniques et contemporaines. Elle s’intéresse particulièrement à la manière dont les collections autochtones ont été collectées, étudiées et exposées depuis leur arrivée en Europe et à l’héritage historique, culturel et politique dont elles sont aujourd’hui dépositaires.

Leandro Varison

Leandro Varison est chargé de la recherche internationale au département de la Recherche et de l’enseignement du musée du quai Branly – Jacques Chirac. Après une double formation en droit et en anthropologie à l’université de São Paulo, au Brésil, son pays d’origine, il a soutenu une thèse de doctorat en anthropologie du droit à l’université Paris 1 Panthéon-Sorbonne, où il a enseigné de 2015 à 2019. Leandro a travaillé pendant plus de dix ans avec des organisations autochtones, notamment au niveau international. Ses recherches portent sur le droit des peuples autochtones, la propriété intellectuelle et la protection des savoirs traditionnels et des expressions culturelles.

Richard Hill Sr.

Richard Hill Sr., clan du castor de la Nation Tuscarora, habite sur le territoire des Six Nations de la rivière Grand, en Ontario. Il participe à des activités de préservation et d’interprétation de wampums depuis 1974, en collaboration avec le grand conseil des chefs de la Confédération des Haudenosaunee. Par l’entremise du comité permanent sur le rapatriement/ramatriement, il a été en mesure d’accéder à la plupart des collections de wampums en Amérique du Nord.

De plus, grâce à des chefs, des mères de clan ainsi que des porteuses et porteurs de savoir de la communauté, il a été en mesure de retisser le lien avec les multiples cordons et colliers de wampum, et ainsi assurer leur continuité culturelle. Après avoir occupé les postes de directeur adjoint au Musée national des Autochtones d’Amérique du Smithsonian, et de professeur adjoint à l’Université d’État de New York à Buffalo, il est actuellement spécialiste de l’innovation autochtone au Collège Mohawk, à Hamilton, en Ontario.

Michael Galban

Michael Galban (Wašiw [Washoe] et Kutzadika’a [Paiute du lac Mono]) est directeur du site historique d’État de Ganondagan et conservateur au Centre d’art et de culture de Seneca. Ganondagan, un village seneca datant du 17e siècle, est reconnu à l’échelle nationale comme un centre d’histoire ainsi que de préservation culturelle et environnementale iroquoienne. M. Galban concentre ses recherches sur l’art et l’esthétique propres aux peuples autochtones des forêts ainsi que sur la sémiotique et les perspectives autochtones. Il poursuit actuellement un doctorat en études visuelles et culturelles à l’Université de Rochester. Il siège au conseil d’administration de l’Association des Musées de New York ainsi qu’aux comités éditoriaux du New York History et du Rochester History.

Il participe également au groupe de travail autochtone mis sur pied dans le cadre de la commission de l’État de New York pour le 250e anniversaire de la Révolution américaine. Il a récemment collaboré avec le Musée du quai Branly – Jacques Chirac à la réalisation de l’exposition Wampum : Perles de diplomatie en Nouvelle-France, d’abord présentée à Paris à compter du printemps 2022, puis à Ganondagan en 2023, sous la forme de l’exposition itinérante WAMPUM/OTGOÄ. L’exposition est maintenant à l’affiche au Musée McCord Stewart.

Nikolaus Stolle

Anthropologue spécialiste de l’histoire de l’Amérique du Nord et des cultures autochtones d’Amérique, Nikolaus Stolle est conservateur, Amériques, au Musée Linden de Stuttgart, en Allemagne. Depuis 2019, il participe au projet de recherche conjoint CRoyAN (Collections Royales dAmérique du Nord) au Musée du quai Branly – Jacques Chirac, à Paris. Il a enseigné à l’Université Ruprecht-Karls, à Heidelberg, et à l’Université Goethe, à Francfort-sur-le-Main, en Allemagne, où il a également obtenu son doctorat en 2013 (titre de la thèse : Talking BeadsThe History of Wampum as a Value and Knowledge Bearer, From its Very First Beginnings Until Today, 2016). Depuis 2010, il collabore au projet de recherche international GRASAC (Alliance de recherche des Grands Lacs pour l’étude des arts et des cultures autochtones). 

Lise Puyo

Détentrice d’un doctorat en anthropologie, Lise Puyo s’intéresse à la façon dont les objets associent, relient ou séparent des communautés humaines. Après avoir étudié les colliers de wampums chrétiens transatlantiques, elle a rejoint une équipe de recherche du labex Les passés dans le présent (Université Paris Nanterre) et de l’Université d’Exeter, enquêtant sur les contestations des statues liées à l’histoire coloniale en France et en Angleterre.

Stephen J. Augustine, CM, DHC ès L., Alguimou

Stephen Augustine est chef héréditaire du grand conseil mi’kmaq et directeur général de l’Institut Marshall. Il était auparavant vice-recteur adjoint des affaires autochtones et du Collège Unama’ki de l’Université du Cap-Breton. Il a également été conservateur d’ethnologie, Maritimes Est, au Musée canadien de l’histoire. Il est titulaire d’une maîtrise en études canadiennes de l’Université Carleton, dans le cadre de laquelle il s’est penché sur l’élaboration de programmes d’études axés sur les savoirs traditionnels au sein du système d’éducation. Il détient aussi un baccalauréat ès arts en anthropologie et sciences politiques de l’Université St. Thomas. Il a récemment été nommé membre de l’Ordre du Canada pour sa contribution aux études mi’kmaq ainsi que pour ses activités de diffusion de son savoir scientifique et traditionnel réalisées auprès d’organismes publics et privés partout au Canada.

En 2022, l’Université du Nouveau-Brunswick lui a décerné un doctorat honorifique en lettres en reconnaissance de son dévouement à l’égard de la défense de l’éducation par le biais de modes de connaissances autochtones, ainsi que de sa capacité à favoriser la collaboration entre des organismes. À titre de chef héréditaire du grand conseil mi’kmaq et grâce à des apprentissages réalisés auprès d’Aînées et d’Aînés depuis un jeune âge, M. Augustine a développé une profonde connaissance des pratiques traditionnelles, de la langue et de l’histoire de son peuple.

Elizabeth Elbourne

Elizabeth Elbourne est professeure agrégée au Département d’histoire et des études classiques de l’Université McGill. On compte parmi ses récentes publications l’ouvrage Empire, Kinship and Violence: Family Histories, Indigenous Rights and the Making of Settler Colonialism, 1770-1842 (Cambridge University Press, 2022). Elle a également rédigé l’ouvrage Blood Ground: Colonialism, Missions and the Contest for Christianity in Britain and the Eastern Cape, 1799-1852 (McGill-Queens, 2003) et codirige actuellement, avec Shino Konishi, la publication de l’un des cinq volumes du livre Cambridge History of Colonialism and Decolonization (Cambridge University Press, à paraître), qui couvre la période de 1750 à 1914.

De 2010 à 2015, elle a été corédactrice en chef du Journal of British Studies aux côtés de Brian Cowan. Elle s’intéresse actuellement à l’histoire de la chasse et à la relation de l’Empire britannique avec les chasseurs, y compris les débats entourant les droits territoriaux des chasseurs autochtones, la chasse aux gros animaux et les conflits entre agriculteurs et chasseurs. 

Darren Bonaparte

Darren Bonaparte est un auteur et chercheur ayant collaboré avec les instances de gouvernance, les centres culturels et les médias communautaires d’Akwesasne. Il est le créateur du « Wampum Chronicles », un site Web consacré à l’histoire mohawk. Il a été élu au Conseil mohawk d’Akwesasne en 2000 et est actuellement directeur du Bureau tribal de préservation historique de la tribu mohawk de Saint Regis.

Il a corédigé, avec Rosemary Bonaparte, l’ouvrage The History of the St. Regis Catholic Church (1998) et rédigé Creation & Confederation: The Living History of the Iroquois (2005), A Lily Among Thorns: The Mohawk Repatriation of Káteri Tekahkwí:tha (2009) et An Early History of Akwesasne: The Works of Franklin B. Hough (2020). En 2018, il a écrit le libretto pour les visions et voix autochtones, composé par Barbara Croall (Odawa) et interprété par l’Orchestre de chambre McGill. Il a agi à titre de consultant historique et culturel pour les productions The War That Made America (2006), FBI: Most Wanted (2020) et Le chardon et le tartan (2018-2019).

Alan Corbiere

Alan Ojiig Corbiere, Bne doodem (clan de la gélinotte huppée), est Anishinaabe de la Première Nation M’Chigeeng de l’île Manitoulin. Après avoir effectué des études sur la réserve, il a obtenu un baccalauréat en sciences à l’Université de Toronto puis une maîtrise en études environnementales à l’Université York, au cours de laquelle il s’est intéressé aux récits anishinaabe et à la revitalisation de la langue. Il a occupé pendant cinq ans le poste de directeur général de la Fondation de la culture ojibwe à M’Chigeeng, en exerçant entre autres les rôles de conservateur et d’historien.

Il a également été coordonnateur du programme de revitalisation de l’anishinaabemowin à l’École Lakeview, sur le territoire de la Première Nation M’Chigeeng, ce qui l’a amené à élaborer avec des collègues un programme de langue seconde ancré dans la culture, dont les enseignements s’appuient sur des récits anishinaabe. Après avoir soutenu sa thèse de doctorat en 2020, il est devenu professeur adjoint au Département d’histoire de l’Université York, et est présentement titulaire de la Chaire de recherche du Canada de niveau 2 sur l’histoire des Autochtones d’Amérique du Nord.

Heidi Bohaker

Heidi Bohaker s’intéresse à l’histoire des relations entre les peuples autochtones et la Couronne, des traités ainsi que des politiques gouvernementales fédérales et provinciales touchant les peuples autochtones du Canada. Elle offre des cours au premier cycle et aux cycles supérieurs sur l’histoire des traités, des pensionnats et du droit canadiens.

En tant que codirectrice du GRASAC (Alliance de recherche des Grands Lacs pour l’étude des arts et des cultures autochtones), elle étudie également les objets du patrimoine culturel des Grands Lacs conservés dans des musées et centres d’archives partout dans le monde, et s’emploie à trouver des moyens de rétablir les liens entre ceux-ci et les peuples des Premières Nations des Grands Lacs.

Riley Wallace

Riley Wallace est candidat au doctorat au Département d’histoire et des études classiques de l’Université McGill. Son intérêt pour la mise en place de l’État impérial et les changements de régime l’a amené à se pencher sur le rôle des archives françaises en tant qu’éléments de légitimité politique au Québec au lendemain de la Conquête. Son projet de thèse, intitulé « Archives, Governance, and the Politics of Information in post-Conquest Quebec, 1759-1791 », lui a valu l’obtention de bourses doctorales du Conseil de recherches en sciences humaines du Canada et du Fonds de recherche du Québec – Société et culture.

 

Jacynthe Ledoux

Jacynthe Ledoux est membre du Barreau du Québec et du Barreau de l’Ontario. Avocate spécialisée en droit autochtone, Mme Ledoux a une pratique diversifiée qui comprend la représentation de Premières Nations en matière de droit de l’environnement, de revendications particulières, de droit de l’énergie, de ressources naturelles, de droit constitutionnel, de protection de la jeunesse et de droit de la personne.

Détentrice d’une maîtrise en common law canadienne de Osgoode Hall Law School, Mme Ledoux a également obtenu une maîtrise en droit de l’environnement de l’Université McGill ainsi qu’un baccalauréat en droit et un baccalauréat en études internationales, tous deux de l’Université de Montréal. Son mémoire qui explore les interactions entre les ordres juridiques étatiques et autochtones à travers le prisme de la jurisprudence relative aux wampums a obtenu le prix du meilleur mémoire en droit du Québec.

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