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Projections et discussion

20 et 21 juin | 18 h à 20 h

Projection de Shifting Ground – Papa Nukunuku

Activité payante | Places limitées, réservation obligatoire

Dans le cadre du Mois national de l’histoire autochtone, le Musée McCord Stewart convie le public à la projection d’œuvres vidéo réalisées par des artistes d’origine māorie et moana d’Océanie, en Aotearoa (Nouvelle-Zélande), sous le commissariat d’Armando Perla et de Karl Chitham. La projection, qui s’étendra sur deux soirs, s’inscrit dans la programmation de la huitième édition de la Biennale d’art contemporain autochtone (BACA), intitulée Iaohontso’ktá:tie/Traverser le territoire, et est présentée en partenariat avec le Dowse Art Museum, en Nouvelle-Zélande.

Les œuvres de Shifting Ground – Papa Nukunuku répondent chacune aux notions d’instabilité et de changement, à travers des perspectives uniques issues d’Aotearoa et de Moana Oceania. Ce programme met en lumière et explore certains des défis auxquels font face les artistes autochtones en tentant de décrire les tensions et la beauté de l’identité et du lieu durant une période prolongée d’incertitude intense.

Jour 1

→ Projections et discussion avec les deux commissaires de la sélection
20 juin de 18 h à 20 h.
Billets | Jour 1

Jour 2

→ Projections
21 juin 2026, de 18 h à 19 h 45.
Billets | Jour 2

Informations pratiques

  • Activité payante, en anglais.
  • Places limitées, réservation requise (à venir)
  • Durée : 120 minutes
  • Lieu : Théâtre J. Armand Bombardier

Tarifs

  • Admission générale : 5 $/jour
  • Gratuit pour les membres des communautés autochtones
  • Gratuit pour les membres du Musée détenant un abonnement Accès exclusif

Au programme

Epifania

Par Edith Amituanai, Aotearoa (Samoane) 2022, 8 min 30 s
Version originale en anglais (vidéo à canal unique avec son) 

Epifania raconte l’histoire d’Epifania Fa‘asavalu, une jeune matriarche originaire des peuples du Pacifique, en Aotearoa (Nouvelle-Zélande). Dédié au recueil de poésie The Rose That Grew from Concrete de l’éminent rapper américain Tupac Shakur (1971–1996), le film est narré par Epifania, qui est devenue la tutrice légale de ses jeunes frères et sœurs. En mettant en lumière l’histoire de sa famille, marquée par la pauvreté, la violence domestique et la maladie mentale, l’artiste lève le voile sur des problèmes plus généraux et les épreuves vécues par nombre des membres des communautés du Pacifique en Aotearoa. Le regard empathique d’Amituanai souligne le profond amour d’Epifania pour sa famille, de même que la force et la résilience qui unissent les communautés du Pacifique de la région. 

Kihikihi: He Kūaha Whetū

Par Jamie Berry, Aotearoa (Māorie), 2023, 7 min
Version originale en māori (vidéo à canal unique avec son) 

He kūaha whetū évoque une passerelle stellaire et explore un seuil où le passé, le présent et l’avenir convergent, invitant à une rencontre sereine entre le quotidien et le céleste. Axée sur la kihikihi (cigale) – un tohu (symbole) du raumati (été), d’endurance et de renouveau, l’œuvre combine des sons tirés de l’ADN, un chœur de cigales et des mōteatea (lamentations), formant des portails sensoriels. Guidée par la Matariki, une constellation annonçant une période de renouveau et de changement, Kihikihi: He Kūaha Whetū se déploie lentement à travers un voyage vers les valeurs du souvenir, de la célébration et du rêve d’avenir. 

Te Pito

Par Keri-Mei Zagrobelna, Aotearoa (Māorie), 2023, 9 min 24 s
Version originale en anglais (vidéo à canal unique avec son)

Te Pito présente les mouvements de danse de Jahra Wasasala Ragar, qui reproduisent le cordon ombilical qui nous unit à notre environnement et au whenua (territoire ou placenta). En tant que descendante de la tribu Te Ātiawa, qui entretient des liens avec la région de Whakatū, en Aotearoa, Zagrobelna confère à son œuvre un rôle de guide, de facilitatrice et de passerelle créative pour les personnes qui cherchent à se réapproprier leur identité et à renouer avec leur whakapapa(lignée).

Mā te Moana

Par Kahurangiariki Smith, Aotearoa (Māorie), 2024 14 min 22 s
Version originale en anglais (vidéo à canal unique avec son) 

Cette œuvre traite de l’attraction et de la répulsion exercées par le ou les lieux où l’on se sent chez soi, à l’image du va-et-vient des marées océaniques. L’histoire de Kahurangiariki s’accompagne des paroles de Buntheun Oung, qui évoque dans cette œuvre son retour au Cambodge, sa terre natale. En tant que descendante de Te Arawa waka, Kahurangiariki a réalisé cette œuvre alors qu’elle séjournait à Rarotonga, près du point de départ de nombreuses waka (pirogues) ancestrales ayant rejoint l’Aotearoa. Les photographies retraçant le voyage de Buntheun sont juxtaposées à des séquences filmées avec un cellulaire et à des motifs animés de kaperua (symbolisant le dédoublement et la répétition) et de takarangi (formes en spirale).

Fāgogo

Par Pati Tyrell, Aotearoa (Samoan), 2017, 9 min 4 s
(vidéo à canal unique avec son) 

En samoan, le terme fāgogo désigne les fables transmises de génération en génération. La personne qui reçoit une fāgogo est censée la transmettre, en se l’appropriant, puis en la véhiculant à son tour. Cette tradition orale sert à la fois de vecteur de transmission idéologique et d’archive généalogique d’un contexte historique et culturel commun. Une fāgogo peut refléter le monde réel à travers des impératifs culturels antérieurs aux croyances et aux systèmes de valeurs occidentaux. Souvent considérée comme un lieu où le patrimoine et la tradition s’affranchissent des distorsions coloniales et, dans certains cas, des conventions narratives linéaires, une fāgogo peut façonner notre perception du monde tout en nous offrant des perspectives éthérées.

what was or could be today (again)

Par Shannon Te Ao, Aotearoa (Māorie), 2019, 11 min 38 s
Version originale en anglais (vidéo à canal unique) 

what was or could be today (again) suit la nageuse de haut niveau Ngarama Milner-Olsen alors qu’elle traverse à la nage le plus grand plan d’eau d’Aotearoa, le Taupō-nui-a-tia (lac Taupō). Le film emprunte son titre à une inscription trouvée au dos d’un tableau réalisé par la grand-mère de Te Ao, représentant une petite réserve humide étroitement liée à la famille de l’artiste. En tissant des liens entre diverses histoires, Te Ao propose une exploration du lieu par la mémoire sensorielle et corporelle.

Ka Tangi te Kārearea a te Rangi Uaheke

Par Riki Pirihi, Aotearoa (Māori), 2024, 5 min 23 sec
Version originale en anglais (vidéo à canal unique avec son) 

Cette performance solo de Pirhi a été captée au sommet du Moe-i-te-rā (Brooklyn Hill), à Wellington, en Nouvelle-Zélande, un site de nidification du kārearea (faucon de Nouvelle-Zélande). La composition met en valeur percussions, gongs et cymbales, ainsi que le ciel qui accompagne l’artiste, ayant également été filmé le jour de la prestation. Cette pièce sonore semi-improvisée propose aussi un arrangement visuel des relevés de température à Wellington pour l’année 2023 comme motif rythmique et comme partition graphique, en établissant une corrélation entre les points linéaires des données et le tempo, la hauteur tonale et les variations timbrales. 

The Pleasures of Unbelonging

Par Chris Ulutupu, Aotearoa (Samoan, Niuean), 2023, 9 min 37 s
Version originale en anglais (vidéo à canal unique avec son) 

The Pleasures of Unbelonging met en scène une mère et ses enfants parcourant divers paysages à la recherche d’un refuge et de réponses. L’œuvre s’inspire de l’essai de James Baldwin intitulé « Stranger in a Village », tiré du livre Notes from a Native Son (Chroniques d’un enfant du pays) (1955), ainsi que des expériences personnelles d’Ulutupu. À travers une série de tableaux paisibles tournés dans l’île du Sud, en Nouvelle-Zélande, connue pour avoir servi de décor à la trilogie du Seigneur des anneaux, Ulutupu met en lumière l’altérité qui peut exister pour les communautés autochtones dans certains lieux. 

Diaspora

Par FAFSWAG Arts Collective, Aotearoa (Moana Oceania), 2021, 10 min
Version originale en anglais (vidéo à canal unique avec son) 

En cette période d’incertitude, le collectif FAFSWAG souhaite, par l’intermédiaire du récit, rappeler aux diverses communautés d’Aotearoa que nous partageons un passé commun. Ce sont les liens qui nous unissent qui nous donnent la force nécessaire pour traverser cette période si instable. DIASPORA est une œuvre vidéo collective, inspirée par des témoignages personnels, des expériences vécues et des points de vue divergents. Elle s’exprime à travers le corps et s’articule autour de l’espace interpersonnel qui se trouve entre le mouvement fluide et l’immobilité. 

Aratohu

Par Lisa Reihana, Aotearoa (Māorie), 2025, 11 min 4 s
Version originale en anglais et en māori (vidéo à double canal avec son) 

Cette œuvre est une fable surréaliste qui redéfinit le temps, explorant les influences destructrices et le potentiel de guérison. Pour le personnage principal, Wairangi, une soirée festive se transforme en un voyage à la découverte de soi, alors que la frontière entre réalité et hallucination commence à s’estomper. Après une rencontre avec Stealer, un personnage sinistre incarnant le risque et la tentation, Wairangi fait la connaissance d’Aratohu, un être ancestral semblable à une taniwha (créature mythologique māorie) qui lui propose un autre chemin, guidé par une force renouvelée puisée dans son identité māorie. 

Panélistes

Armando Perla

Armando Perla, LL.B., LL.M., est commissaire, pédagogue et spécialiste des droits de la personne queer, non binaire et nahua-mestizo qui s’intéresse à la muséologie autochtone transnationale, aux pratiques en matière de commissariat et à la recherche décoloniale. Originaire de Kuskatan (El Salvador), son travail est ancré dans la responsabilité face au territoire, la pratique relationnelle ainsi que les collaborations durables avec les communautés autochtones de la Mésoamérique et de ses diasporas. 

Perla est cocommissaire de la Biennale d’art contemporain autochtone (BACA). Auparavant, iel assurait la direction artistique et le commissariat en chef au Textile Museum of Canada, supervisant la production d’expositions multilingues axées sur la communauté et ancrées dans les systèmes de connaissances autochtones. Sa pratique de commissaire s’étend à l’échelle transnationale, grâce à des projets comme Material Diplomacy (2026) en Aotearoa (Nouvelle-Zélande) et Imborrable: La Tierra de Nuestras Memorias (2022), conçu pour le Programme des Nations Unies pour le développement et le Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l’homme. 

Iel a occupé des postes de gestion à la Ville de Toronto, au Musée canadien pour les droits de la personne, à la Ville de Medellín, en Colombie, ainsi qu’au Museum of Movements, en Suède, en plus de s’être mérité la médaille du couronnement de Charles III pour ses contributions aux milieux muséaux canadien et international. 

Karl Chitham

Karl Chitham est un commissaire, pédagogue et auteur habitant en Aotearoa (Nouvelle-Zélande). Il est māori issu des tribus Ngā Puhi et Te Uriroroi, et s’attache à soutenir ainsi qu’à faire rayonner la pratique d’art contemporain māori aux échelles nationale et internationale. Il a été commissaire dans des universités, des musées et des galeries publiques, et est actuellement directeur du Dowse Art Museum. 

Il siège au conseil d’administration de la Wairau Māori Art Gallery, la première galerie d’art publique consacrée aux peuples autochtones en Aotearoa. Il est coauteur de l’ouvrage novateur Crafting Aotearoa: A Cultural History of New Zealand and the Wider Moana Oceania et a été membre du jury pour des dizaines de prix nationaux, notamment du jury pour le pavillon néo-zélandais à la Biennale de Venise (2022). 

Il a récemment agi à titre de commissaire pour les projets Whetūrangitia/Made As Stars (2021), Shannon Te Ao: Ia rā, ia rā (rere runga, rere raro), pour la 15e Biennale de Gwangju (2024), Tākiwa Hou: Imagining New Spaces, pour la première Biennale de Malte (2024), et Paerangi: Venice, une série d’interventions d’artistes d’origine māorie pendant la Biennale de Venise (2026). 

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