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Conférence

3 février 2027

Portails : ces pochettes qui renferment des graines / Portals: there are pockets that hold seeds, 2026, Carrie Allison

Journée d’étude – Ce que la matière sait : vers des archives muséologiques multisensorielles

Activité gratuite | Places limitées, réservation requise

Dans le cadre de l’exposition Carrie Allison : askōhtēskanohwē présentée au Musée McCord Stewart, cette demi-journée d’étude – conçue et organisée en collaboration avec l’Université Concordia et sous la direction de Michelle S. A. McGeough, Ph.D. et de Miranda Smitheram, Ph.D. – explore les possibilités émanant de la création d’une archive multisensorielle opérant un dialogue entre savoirs autochtones, matérialité et pratiques muséologiques contemporaines.

En s’appuyant sur l’essai On Being Nosy du collectif Wolf Babe et sur l’exposition de Carrie Allison, la journée d’étude s’inspire de la curiosité comme méthodologie de recherche, de rencontre et de production de savoir. Les différents panels s’articuleront autour des sens, des artefacts et de la matière afin d’examiner comment nous percevons, comprenons et apprenons à connaître le monde par l’expérience haptique, la tactilité, la visualité et les relations que nous entretenons avec les objets et les matériaux.

À travers une conférence d’ouverture et trois panels consacrés au corps comme archive, aux perceptions extrasensorielles et aux pratiques de désobéissance matérielle, les participantes et participants seront invités à réfléchir aux formes de savoir qui transcendent le document, la preuve et le visible. En résonance avec plusieurs traditions de connaissances autochtones, cette journée envisagera le corps comme une archive multisensorielle vivante, intimement liée au territoire, aux ancêtres et à la communauté. Le savoir y circule à travers l’expérience relationnelle entre les personnes, les matières et les lieux, ouvrant la voie à une compréhension plus sensible, incarnée et relationnelle de l’archive et de son potentiel.

Ces réflexions soulèvent également des questions importantes pour les institutions muséales aujourd’hui. Alors que les musées sont appelés à repenser leurs relations aux archives, aux biens culturels et aux pratiques artistiques autochtones contemporaines, il devient nécessaire d’aller au-delà des approches fondées sur la conservation, la classification et l’interprétation des objets. Les perspectives autochtones invitent plutôt à considérer les collections comme des ensembles de relations vivantes, porteuses de responsabilités envers les communautés, les territoires et les savoirs qu’elles incarnent. En envisageant l’archive comme un lieu de rencontre plutôt que comme un simple réservoir d’information, les institutions peuvent ouvrir de nouvelles voies pour la recherche, la transmission et la collaboration, tout en reconnaissant les multiples formes de connaissances qui émergent de l’expérience, de la matérialité et des liens entretenus avec le vivant.

Informations pratiques

  • Activité gratuite, réservation requise, présentée en anglais, le 3 février 2027, horaire détaillé à venir
  • Lieu : Théâtre J. Armand Bombardier

En savoir plus sur les panélistes

Michelle S. A. McGeough

Michelle S. A. McGeough, Ph. D., est une chercheuse et artiste métisse originaire d’Amiskwaciwâskahikan (Edmonton). Elle détient un doctorat en histoires de l’art autochtone de la University of New Mexico, aux États-Unis. Actuellement professeure agrégée à l’Université Concordia, elle a également enseigné à la University of British Columbia. Elle siège au comité consultatif du Centre de recherche sur les avenirs autochtones de l’Université Concordia, ainsi qu’au conseil d’administration de daphne, le seul centre d’artistes autochtones autogéré de Montréal. Ses intérêts de recherche comprennent la production artistique autochtone, le genre, la sexualité ainsi que le(s) féminisme(s) autochtone(s). Elle pose un regard critique sur les intersections de ces réalités pour mieux définir les questions de souveraineté autochtone et d’identités LGBTQ2S+. Elle a codirigé la publication de l’ouvrage Museum Queeries: Two Spirit, Indigiqueer and LGBTTQ* Interventions into Museums, Archives, and Curating et a commissarié l’exposition Love Medicine.

Miranda Smitheram

Miranda Smitheram, Ph. D., (Kāi Tahu, Pākehā) est une artiste, chercheuse en design et transmettrice de savoir qui développe des matériaux hybrides pour contribuer à façonner des avenirs durables, postcoloniaux et axés sur les relations au moyen d’une démarche de création en symbiose avec l’environnement. Elle fait appel aux matérialités numériques, physiques et hybrides pour approfondir son approche. Par ses recherches actuelles, elle s’intéresse aux ontologies de parenté à travers l’étude d’espèces envahissantes. Elle applique cette étude à sa démarche de design décolonial, en rematérialisant ces espèces végétales envahissantes sous forme de surfaces souples, de biocomposites et d’applications textiles. Elle codirige le Pôle de recherche sur les textiles et la matérialité et dirige la MaSH Lab de l’Institut Milieux des arts, de la culture et de la technologie de l’Université Concordia, à Montréal, au Canada.

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